lundi 16 juin 2008

Le "non" irlandais déstabilise l'Europe

Le "non" irlandais au Référendum sur le traité de Lisbonne plonge l'Europe dans le doute. Plutôt que de faire une croix sur le traité, les dirigeants de l'UE dont le président Français Nicolas Sarkozy, semblent plutôt plaider en faveur d'un nouveau référendum en Irlande. Ce qui est sûr, c'est que le Traité n'entrera pas en vigueur le 1er janvier prochain.

Les Irlandais ont voté contre le Traité de Lisbonne
Les Irlandais ont voté contre le Traité de Lisbonne
Le "non" irlandais au Référendum sur le traité de Lisbonne plonge l'Europe dans le doute. Plutôt que de faire une croix sur le traité, les dirigeants de l'UE dont le président Français Nicolas Sarkozy, semblent plutôt plaider en faveur d'un nouveau référendum en Irlande. Ce qui est sûr, c'est que le Traité n'entrera pas en vigueur le 1er janvier prochain.

La cause est entendue pour le vote irlandais au référendum concernant le traité européen de Lisbonne. Le non l'a emporté par 53,4% des voix contre 46,6% pour le oui. Depuis, les dirigeants des payes membres de l'Ue s'interrogent sur la suite. Faut-il faire une croix sur le traité de Lisbonne ou parier sur un nouveau référendum en Irlande? Et c'est cette deuxième solution qui semble recueillir le consensus, au risque d'être accusés de construire l'Europe aux forceps sans vraiment tenir compte de l'avis de leurs citoyens.

Et le Conseil européen prévu les 19 et 20 juin à Bruxelles, transformé pour la circonstance en "sommet de crise", devrait être l'occasion pour les 26 autres pays de l'UE de confirmer leur volonté de maintenir le traité sur les rails. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a lancé : "dix-huit Etats membres ont déjà approuvé le traité et la Commission pense que les autres ratifications devraient poursuivre leur chemin". Il indique que le Premier ministre irlandais Brian Cowen l'a assuré qu'il était "clair que le vote ne devrait pas être considéré comme un vote contre l'Union européenne" . "Le traité a été signé par tous les 27 Etats membres, il y a donc une responsabilité commune de gérer la situation", a-t-il conclu en estimant qu'il fallait prendre en compte les préoccupations des citoyens européens.

Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays va présider l'UE à partir de juillet, a appelé samedi à agir "de façon à ce que l'incident irlandais ne devienne pas une crise". "En aucun cas, affirme aussi le Premier ministre belge Yves Leterme, l'Union ne peut être freinée dans son élan".

L'idée est qu'avec des ratifications achevées dans tous les autres pays à la fin de l'année, Dublin, à moins de se mettre en retrait de l'UE, n'ait d'autre choix qu'un nouveau vote populaire. En complétant s'il le faut le texte d'un protocole additionnel répondant aux inquiétudes spécifiques des Irlandais. "Il faut que le processus de ratification aille jusqu'à son terme (...) et pendant ce temps-là laisser le temps de la réflexion aux Irlandais, savoir si moyennant quelques médiations ou une demande de leur part ils peuvent revoter", résume Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes. Il n'y a "pas d'autre solution" pour permettre au traité d'entrer en vigueur, a-t-il estimé samedi.

"A Bruxelles, on a beau se dire que l'Irlande finira bien par dire oui si tous les autres ratifient, il n'y a pas beaucoup d'Irlandais ayant voté non la première fois qui se laisseront convaincre d'en décider autrement la deuxième fois", met en garde Dominik Hierlemann, spécialiste des questions européennes à la Fondation Bertelsmann.

Pour le président du Parti socialiste européen, le Danois Poul Nyrup Rasmussen, "l'Europe ne peut se permettre de perdre davantage de temps dans des crises institutionnelles". "Si nous voulons que les citoyens soutiennent l'Europe, nous devons créer une Europe des citoyens", ajoute-t-il.

Le quotidien britannique, "The Financial Times" jugeait pour sa part samedi que, contrairement à la volonté affichée par les gouvernements après le refus irlandais, un acharnement thérapeutique sur le traité de Lisbonne serait contre-productif.

Avant même les résultats définitifs, le ministre danois des Affaires étrangères, Per Stig Moeller, , déplorait vendredi le "non" irlandais. "Le peuple irlandais a voté, et nous devons naturellement respecter (son choix). Mais je déplore ce résultat car le traité de Lisbonne est un bon traité et l'aboutissement de nombreuses années de négociations entre les pays européens", a-t-il déclaré à l'agence danoise Ritzau. A ses yeux, "il est clair que nous sommes dans une situation incertaine". Il a appelé cependant à "ne pas tirer des conclusions trop hâtives".

Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, qui participait ce vendredi à "Paroles d'Européens", un forum de discussions organisé à Marseille pour présenter la future présidence française de l'UE, s'est quant à lui dit "effondré" par ce rejet attendu du traité. Avant de reconnaître qu'il "faut prendre acte de la décision du peuple irlandais et la respecter tout en la regrettant". Il a toutefois estimé que les priorités de la présidence française de l'Union européenne "ne sont pas affectées par les résultats d'aujourd'hui, car la France a établi ces priorités avec ses partenaires européens sur la base du traité actuel".

Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a en tout cas estimé que le traité de Lisbonne ne pourrait pas entrer en vigueur au 1er janvier 2009 comme initialement prévu, à la suite du rejet du texte en Irlande.


latribune.fr

lundi 9 juin 2008

Les dépenses militaires mondiales ont bondi de 45% en dix ans selon un rapport


AFP/Archives - Mohammed Sawaf*
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STOCKHOLM - Les dépenses militaires mondiales se sont accrues de 6% en 2007 en glissement annuel et ont bondi de 45% en dix ans, selon le rapport annuel de l'Institut international de recherche pour la paix à Stockholm (SIPRI), publié lundi.

L'an passé, elles ont atteint 1.339 milliards de dollars (851 milliards d'euros), les Etats-Unis représentant à eux-seuls 45% de ce total, ce qui correspond à 2,5% du produit intérieur brut (PIB) mondial ou encore à 202 dollars (128,4 euros) par personne.

"Les facteurs expliquant l'accroissement des dépenses militaires mondiales sont, entre autres, les objectifs de politique étrangère des pays, les menaces réelles ou supposées, les conflits armés et les politiques destinées à contribuer aux opérations de maintien de la paix multilatéral combinés à la disponibilité des ressources économiques", commente le SIPRI.

Cette hausse est à la fois "excessive et obscène", a réagi M. Jayantha Dhanapala, membre du SIPRI et ancien sous-secrétaire général des Nations unies pour le désarmement, au cours de la conférence de presse organisée à Stockholm pour présenter le rapport.

Pour la période 1998-2007, l'Europe de l'Est a enregistré la plus forte hausse de ces dépenses qui ont plus que doublé (+162%) et c'est également dans cette région que les dépenses ont le plus augmenté l'an passé (+15%), note ce rapport.

Avec 13% d'augmentation en 2007, la Russie compte pour 86% de l'accroissement des dépenses régionales.

Le SIPRI ajoute que, sur dix ans, les dépenses militaires de l'Amérique du Nord ont bondi de 65%, celles du Moyen-Orient de 62%, celles d'Asie du Sud de 57% tandis que celles d'Afrique et d'Asie orientale se sont accrues de 51%.

L'institut relève que l'augmentation des dépenses militaires des Etats-Unis a, en 2007, atteint un niveau supérieur à celui enregistré pendant la Seconde guerre mondiale.

"Depuis 2001, les dépenses militaires américaines se sont accrues de 59%, principalement en raison des opérations militaires en Afghanistan et Irak mais aussi en raison de l'accroissement du budget de la défense de base", explique-t-il.

L'Europe de l'Ouest et l'Amérique centrale sont les deux régions où les dépenses militaires ont le moins progressé avec respectivement 6 et 14% de hausse.

Conséquence directe, les ventes d'armes des cent principaux fabricants mondiaux (hors Chine) ont augmenté de près de 9% en 2006 sur un an, atteignant 315 milliards de dollars.

Les sociétés américaines et d'Europe de l'Ouest (respectivement 41 et 34) ont largement dominé ce marché, réalisant à elles seules 92% des ventes en 2006, dernière année pour laquelle le SIPRI dispose de données.

D'après cet institut, il y a eu 14 conflits majeurs dans le monde en 2007, un chiffre identique à celui de 2006. En 2001, relève le SIPRI, il y en avait 20.

"Un nouveau type de conflit émerge et nous assistons à une fragmentation de la violence", comme en Irak et au Soudan dans la province du Darfour, a expliqué Ekaterina Stepanova, chercheuse à l'Institut international.

Cette violence est le fait de groupes armés qui ne dépendent pas directement d'un Etat. "Les acteurs de cette violence tendent à être opportunistes et à changer de côté", a-t-elle ajouté.

En ce qui concerne les arsenaux nucléaires, le président du SIPRI, Bates Gill, a jugé qu'il "y avait de véritables occasions de progrès réels sur le contrôle des armes nucléaires comme jamais depuis 10 ans" en raison des positions des deux candidats à la Maison Blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain.

Dmitri Medvedev plaide en faveur d'un nouveau pacte de sécurité européen

LE MONDE | 06.06.08 | 14h28 • Mis à jour le 06.06.08 | 14h28

Effectuant ses premiers pas en Europe en tant que chef de l'Etat, le président russe Dmitri Medvedev a plaidé en Allemagne, jeudi 5 juin, en faveur d'un "nouveau pacte de sécurité" européen, juridiquement contraignant. "L'atlantisme (...) s'est épuisé", a-t-il déclaré devant un millier de membres de la société civile, reprenant à son compte l'hostilité de son prédécesseur, Vladimir Poutine, à toute extension de l'OTAN, qui n'arriverait pas à "trouver un nouveau sens à son existence", selon M. Medvedev.

Sur le plan des droits de l'homme et de la liberté de la presse, Dmitri Medvedev a assuré que les enquêtes concernant les assassinats ou les agressions contre les journalistes seraient conduites à leur terme, appelant de ses voeux le développement du "système légal" en Russie. Attendu sur la liberté de la presse après s'être prononcé contre un projet de loi de la Douma prévoyant la fermeture possible de médias accusés de diffamation, Dmitri Medvedev s'est voulu rassurant. "La liberté de la presse exige des protections. Il y a quelques années, c'était contre les groupes privés, a-t-il expliqué. Aujourd'hui, c'est contre les empiétements de l'appareil administratif à différents niveaux."

vendredi 23 mai 2008

Métro Montréal - Les faits saillants du rapport Bouchard-Taylor

Les faits saillants du rapport Bouchard-Taylor

Books

MONTREAL - Voici quelques recommandations de la Commission Bouchard-Taylor, dont le rapport a été rendu public jeudi:

  • Mettre sur pied un comité d'enquête indépendant pour faire la lumière sur les pratiques des ordres professionnels en matière de reconnaissance des diplômes.

  • Que l'Etat adopte une loi ou un énoncé pour établir l'interculturalisme comme modèle devant présider aux rapports interculturels au Québec.

  • Que le gouvernement adopte un Livre blanc sur la laïcité définissant ses principes.

  • Qu'il soit interdit aux policiers, juges, procureurs de la Couronne et gardiens de prison de porter des signes religieux.

  • Qu'il soit permis aux enseignants, fonctionnaires et professionnels de la santé de porter des signes religieux.

  • Que le crucifix au-dessus du siège du président de l'Assemblée nationale soit retiré.

  • Que les conseils municipaux abandonnent la récitation de la prière.

  • Que l'Etat intensifie ses efforts de régionalisation de l'immigration.

  • Que l'Etat intensifie ses efforts en matière de francisation et d'intégration des immigrants.

  • Que l'Etat octroie plus de moyens à la Commission des droits de la personne et au Conseil des relations interculturelles.

  • Que la Commission des droits de la personne produise un guide établissant des repères pratique à l'intention des gestionnaires.

Nouvelles de ©La Presse Canadienne, 2008

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Bouchard-Taylor

Revues.org : portail de revues en sciences humaines et sociales


Plusieurs revues en sciences humaines sont publiées sur Internet gratuitement. A vous de les consulter. (JMR)♦Light Bulb

Nuevo Mundo Mundos Nuevos actualise son site et fait peau neuve 20 mai 2008
Nuevo Mundo Mundos Nuevos, revue électronique d'histoire et anthropologie de l'Amérique latine (UMR 8168 Mascipo/Cerma) vient de mettre en ligne son actualisation correspondant aux mois d'avril et mai. Sont plus particulièrement concernés trois dossiers portant sur le péronisme, les indépendances, Cuba, et le colloque « Famillle et organisation sociale Europe-Amérique XVe-XXe s. ». C'est l'occasion pour la revue d'étrenner sa nouvelle maquette, plus esthétique, enrichie de fonctionnalités diverses, et dont la conception facilite aussi bien l'accès aux contenus que la navigation à l'intérieur du site. Bonne lecture. Lire la suite ...
Site | Notice descriptive
Discours. Revue de linguistique, psycholinguistique et informatique 14 mai 2008
L'espace des Cahiers de Revues.org compte une nouvelle publication électronique, internationale et interdisciplinaire, Discours, qui se veut un lieu d'échange entre les communautés de linguistes, psycholinguistes et informaticiens travaillant, à partir d'approches diverses, sur les thèmes suivants : structuration du discours, cohésion, co-référence, linéarisation, indexation, structure informationnelle, ordre de mots, marqueurs de segmentation, processus cognitifs à l'œuvre lors de la compréhension et de la production des textes. Lire la suite ...
Le numéro 2 des Cahiers de civilisation espagnole contemporaine vient de paraître 28 avril 2008
Au sommaire, un ensemble d'études sur la contribution des historiens français à la connaissance de l'Espagne contemporaine, suivi des diverses rubriques consacrées à l'actualité de la recherche hispaniste en France (soutenances de thèse ou dossiers d'habilitation, comptes rendus et recensions, lectures critiques, collection de sites web). Lire la suite ...
Mise en ligne de Tracés. Revue de sciences humaines 25 avril 2008
Tracés. Revue de sciences humaines est en ligne sur l’espace des Cahiers de Revues.org. Le site de la revue offre à lire quatre numéros en texte intégral et les sommaires et résumés des deux derniers numéros. Publiée par ENS Editions, la revue Tracés s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire qui tente de contextualiser les problèmes, les événements, ou les choses, et raisonne en termes d’usages et de conventions. Étudier les objets en contexte, c’est faire du contexte le principe d’intelligibilité d’une pratique, d’un événement, ou encore d’un discours. Mais le contexte n’est pas qu’un cadre, encore moins un décor, c’est aussi une ressource pour les acteurs, un ensemble d’éléments qui leur permettent d’agir, de penser, de sentir. La diversité des formats proposée dans un numéro contribue à la mise en commun d’outils et de méthodes parfois différents : articles, recensions, notes, traductions, entretiens. Tracés fait partie du bouquet de revues de l'ENS LSH. Lire la suite ...
Site | Notice descriptive
Methodos : parution du numéro 8 (2008) 23 avril 2008
Methodos, revue électronique de l’UMR 8163 « Savoirs, textes, langage », vient de publier son huitième volume. Il comprend un dossier thématique, coordonné par Bernard Joly, sur « Chimie et mécanisme à l’âge classique » ; une deuxième partie « Analyses et interprétations » avec des articles d’Eléonore Le Jallé et de Pierre Macherey ; des comptes-rendus d’ouvrages ; une rubrique « Travaux » qui expose les réalisations de l’UMR STL durant l’année 2007 et une liste d’ouvrages reçus. Avec cette nouvelle parution, le site fait peau neuve et propose dorénavant une maquette plus ergonomique, enrichie de fonctionnalités diverses. Bonne lecture. Lire la suite ...
Site | Notice descriptive
Les Cahiers d’études africaines publient un double numéro consacré aux « Territoires sorciers » 17 avril 2008
Le numéro 189-190 (2008) réunit, sous la direction de Christine Henry et Kadya Tall quatorze études sur le phénomène de sorcellerie (du Mozambique aux Antilles, et du Kenya au Sénégal). Auquel s’ajoute le numéro 176 (2004) en texte intégral, dernier fascicule du volume 44. Lire la suite ...
Site | Notice descriptive
Mise en ligne de la Revue archéologique du Centre de la France 11 avril 2008
La Revue archéologique du Centre de la France est l’une des six revues archéologiques interrégionales qui couvrent le territoire métropolitain ; son ressort géographique concerne les régions Auvergne, Centre et Île-de-France, ainsi que le département de la Loire (région Rhône-Alpes). Elle couvre l’archéologie de toutes les périodes, depuis la Préhistoire la plus ancienne jusqu’à l’archéologie industrielle et des Temps Modernes, la majorité des contributions portant sur la Protohistoire, la période gallo-romaine et le Moyen Âge. La RACF est la deuxième revue archéologique interrégionale mise en ligne sur le portail. Elle est exclusivement électronique depuis 2005. Cette revue est en Open access (libre accès), tous les articles sont accessibles en texte intégral. Vous trouverez sur son site les tomes 43 (2004), 44 (2005) et 45-46 (2006-2007). Lire la suite ...
Site | Notice descriptive
La Revue d'histoire du XIXe siècle publie 7 numéros en ligne en texte intégral 10 avril 2008
La Revue d'histoire du XIXe siècle enrichit son site de sept numéros supplémentaires en texte intégral : les volumes 24 à 31 : 3 numéros de mélanges et 4 numéros thématiques, publiés entre 2002 et 2005. Bonne lecture ! Lire la suite ...
Site | Notice descriptive
EchoGéo rejoint les Cahiers de Revues.org 02 avril 2008
EchoGéo est une revue de géographie exclusivement électronique, créée en 2007. En publiant des travaux portant sur les thèmes des sociétés, de l’environnement et du développement, la revue électronique EchoGéo souhaite mettre à la disposition d’un large public l’information scientifique produite par des géographes et d’autres spécialistes des sciences humaines et sociales. La revue, qui était hébergée jusqu’alors sur le site de l’UMR 8586 PRODIG est désormais disponible sur la plateforme des Cahiers de Revues.org. Vous trouverez sur son site les quatre premiers numéros en texte intégral ainsi qu'une rubrique alimentée en flux continu par des articles liés à l’actualité internationale. Lire la suite ...
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mardi 29 avril 2008

Wal-Mart à l’assaut du monde, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique)

"La multinationale du XXIe siècle

En 1992, le président des Etats-Unis eut cette formule : « Le succès de Wal-Mart est le succès de l’Amérique. » Désormais, la multinationale de la distribution est devenue la plus grosse entreprise du monde. Et le dumping social qu’elle pratique – elle vient d’être condamnée à 172 millions de dollars d’amende pour avoir refusé à ses employés une pause-déjeuner – contamine l’économie occidentale. Ainsi, au nom de la lutte contre Toyota, General Motors, qui a déjà annoncé 30 000 suppressions d’emplois, entend imposer à ses ouvriers une baisse des salaires, et à ses fournisseurs une réduction de prix. Delphi, le plus gros équipementier américain, voudrait carrément payer ses salariés 9,50 dollars de l’heure au lieu de… 28 dollars actuellement.
Par Serge Halimi"

(lire l'article intégral)

mardi 15 avril 2008

NaturaVox : partager pour préserver

Flambée des prix agricoles et émeutes : quelques explications - 1

Commençons par un chiffre : 100 millions. C’est, selon un haut responsable de la Banque mondiale, le nombre de personnes à faibles revenus dans le monde qui risqueraient de plonger dans la pauvreté en raison du doublement des prix des denrées alimentaires sur la période 2005-2007.

Poursuivons ensuite par un petit tour du monde des émeutes liées à la hausse des prix des denrées alimentaires : en 2007, le Mexique et le Maroc tiraient la sonnette d’alarme. En 2008, des populations entières dans les continents africain et asiatique crient famine. Selon la FAO (Agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les pays les plus touchés sont les suivants :

  • Afrique : Burundi, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Erythrée, Ethiopie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Mauritanie,Ouganda, République démocratique du Congo, République du Congo,Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tchad et Zimbabwe.
  • Asie : Afghanistan, Bangladesh, Corée du Nord, Indonésie, Irak, Népal, Pakistan, Sri Lanka et Timor-Oriental.
  • Amérique latine : Bolivie, Haïti, Nicaragua et République dominicaine.
  • Europe : Moldavie et Tchétchénie (Fédération de Russie).

En tout, une bonne trentaine de pays connaissent des troubles politiques et sociaux liés à l’augmentation des prix, augmentation qui se répercute sur d’autres denrées comme le savon, le lait et la viande.

Certains, comme Ali Benyahia pour le journal El Watan, parlent d’une inflation de pauvreté. D’autres, comme Eric le Boucher pour Le Monde, parlent d’un “retour des ventres creux“. Partout, on évoque “la vie chère“, conséquence de l’explosion des prix alimentaires (près de 40% en 2007) sous l’effet de la hausse générale des matières premières agricoles… alors que les revenus des populations pauvres n’ont pas progressé autant. En deux ans, le cours du blé, du maïs, du riz, du soja, du colza et l’huile de palme ont doublé, voire triplé.

Insécurité alimentaire : une situation d’urgence

En octobre 2007 pourtant, le directeur de la FAO, Jacques Diouf, avait déjà mis en garde - et prophétisé - ces “émeutes de la faim”… désormais devenues réalité. La situation est tellement inquiétante que Bob Zoellick, le président de la Banque Mondiale, a appelé d’urgence, mercredi 2 avril, à un “New Deal” alimentaire, une nouvelle politique alimentaire mondiale.

L’ONU aussi se prépare au pire : dans une note interne dont le journal le Monde a obtenu une copie, on reconnaît “la possibilité que l’ensemble du système d’aide alimentaire d’urgence soit incapable de faire face” et l’on préconise des “plans d’urgence spécifiques pour répondre aux besoins des populations urbaines”, jusque-là peu touchées par la malnutrition.

Diouf FAO

AFP/GIULIO NAPOLITANO Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf.

On ne parle plus de hausse des prix passagère, mais structurelle, si bien que des millions de personnes seront, encore plus qu’avant, plongées dans l’insécurité alimentaire. Le Fonds International de Développement Agricole (FIDA, dépendant de l’ONU) a estimé que pour chaque augmentation de 1% du prix des denrées de base, 16 millions de personnes supplémentaires sont plongées dans l’insécurité alimentaire.

Au final, “2 milliard d’êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d’ici à 2025 ; 600 millions de plus que précédemment anticipé”. Il sera délicat d’intervenir pour les interventions humanitaires, elle-même touchées au niveau de leurs approvisionnement par la hausse des prix des denrées (les dons en nature sont en baisse et elles doivent elles-même acheter les denrées) : les périodes d’agitation et d’instabilité entraîneront des choix difficiles en termes de ciblage et de distribution.

Sont cités comme étant particulièrement vulnérables : l’Erythrée, la Sierra Leone, Madagascar, Haïti, la Géorgie, le Burundi ou le Zimbabwe.

Pauvreté et biens de première nécessité

En économie, les produits de première nécessité sont connus pour avoir une “élasticité prix” nulle : bien que le prix d’une denrée augmente, la consommation de cette denrée se maintient car il existe peu de produits de substitution (à l’inverse, lorsque le prix baisse, la demande n’augmente pas nécessairement), la demande n’est pas élastique au prix. Lors d’une hausse des prix, s’il n’existe pas de produit de substitution (exemple : les pâtes remplacées par le riz ou la pomme-de-terre), l’effet s’accroît.

On parle même, dans de rares cas, de biens de Giffen
- du nom de Robert Giffen qui, observant le comportement des Irlandais à la suite d’une hausse du prix des pommes de terre constata que le pouvoir d’achat des gens les plus modestes diminuait en même temps que le prix des pommes de terre augmentait. Leur consommation s’en trouvait affectée : ils consommaient moins d’autres types de biens et plus de pommes de terre, car cela restait tout de même le bien le moins cher.

Le paradoxe observé par Giffen s’applique généralement à des foyers à faibles revenus (pour lesquels les biens de première nécessité représentent un pourcentage considérable du revenu) : le prix d’un bien A augmentant, ils ne peuvent y substituer le bien B relativement plus cher, même si son prix reste stable. Ils sont alors contraints de réduire leur consommation de bien B pour équilibrer leur budget et reporter cette consommation sur le bien A.

Ainsi, les populations touchées actuellement par la hausse des prix agricoles sont des populations particulièrement fragiles qui subissent un effet similaire. “Contrairement aux pays occidentaux où la part de l’alimentation dans les revenus des ménages atteint 10 % à 20 %, elle est de 60 % à 90 % dans les pays pauvres. L’augmentation des cours des céréales y est par conséquent plus sensible, surtout pour les urbains, qui ne produisent pas de denrées“, soulignaient Laetitia Clavreul et Alain Faujas dans un article du Monde le 5 avril dernier et intitulé “Matières premières agricoles : des hausses de prix explosives”.

Sécurité humaine : tout est lié…

Depuis une quinzaine d’années, le concept de sécurité humaine est utilisé par les institutions internationales sans pourtant être trop évoqué auprès du grand public. Cette notion relève d’une approche globale des besoins individuels et sociétaux : comme l’explique Marc Jeannotte pour l’UQUAM, elle reconnaît que “la stabilité durable, non seulement des États, mais également des sociétés qu’ils représentent, est impossible tant que la sécurité humaine n’est pas garantie. Elle fait référence à la fois aux droits des citoyens à vivre dans un environnement sécuritaire et à l’existence d’une activité politique, sociale, religieuse et économique au sein de chaque société à l’abri de violences organisées. En ciblant directement les individus, la sécurité humaine englobe la sécurité contre la privation économique, la quête pour un niveau de vie acceptable et une garantie d’assurer les droits humains fondamentaux, dont le droit à la liberté d’expression et d’association. Sa définition est aussi évolutive que les risques et les menaces auxquels le monde doit faire face“.

Sécurité humaine

Schéma extrait d’une étude de l’UNESCO sur les liens entre liberté de presse et développement, juin 2006 (pdf)

Cette approche peut être comparée, grosso modo, à la pyramide des besoins de Maslow, mais dans un premier temps seulement. Car la notion de sécurité humaine considère l’homme dans son environnement social et recouvre parallèlement les notions de sécurité économique, de sécurité alimentaire, de sécurité en terme de “santé”, de sécurité environnementale, de sécurité personnelle, et de sécurité politique et communautaire. En résumé, l’être humain doit être libre de toute crainte liée à sa sécurité, libre de tout besoin, et libre de vivre une vie digne.

Il faut surtout comprendre que tout est lié : dans certains pays, les émeutes liées à l’insécurité alimentaire vont accroître les tensions politiques, et c’est tout un système et état de faits qui risque d’être profondément remis en cause. L’ONU s’attend donc aussi à faire face à plusieurs durcissement de crises locales, “comme celles qui ont secoué l’Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie…” indique Philippe Bolopion dans le Monde du 12 avril 2008.

Bien plus encore, comme le rappelle l’hebdomadaire burkinabé San Finna, “vie chère rime avec galère, mais surtout misère pour les couches sociales les plus fragilisées (…) de plus en plus de personnes qui passent la journée sans manger, des enfants le ventre gonflé, chassés de l’école parce que les parents ne peuvent pas payer les frais de scolarité“.

Sans parler de la répression des gouvernements africains envers les violents mouvements sociaux et les émeutes. En Côte-d’ivoire, on dénombre deux morts qui auraient pu être évités. En février dernier au Cameroun, 40 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre et, selon le quotidien Cameroon Tribune, “729 personnes ont été à ce jour condamnées à des amendes ou à des peines de prison allant de trois mois à six ans”. Au Sénégal, “les premières émeutes de la faim du 31 mars ont été violemment réprimées ; on compte des dizaines d’arrestations dans le camp des marcheurs”, note le quotidien de Dakar Wal Fadjri.

Les états africains sont impuissants devant la menace inflationniste. En Côte d’ivoire, Laurent Gbagbo a pris quelques mesures d’urgence pour calmer les esprits mais affirme avec réalisme que “si la fièvre a baissé, la maladie n’est pas guérie“ : l’augmentation des prix mondiaux des produits alimentaires présente une menace significative pour la croissance, la paix et la sécurité en Afrique, ainsi que l’ont reconnus les ministres de l’Economie et des Finances des pays africains, réunis à Addis-Abeba les 28, 29 et 30 mars derniers.